Des réfugiés économiques, politiques, de guerre, climatiques…

Des migrants…

Leur point commun : chercher une terre d'accueil plus favorable que leur terre d'origine. Mais y en a-t-il vraiment une? Au-delà de la Méditerranée, au-delà de la Manche, au-delà de l'Atlantique?

La problématique migratoire la plus importante concerne actuellement les réfugiés et les migrants qui fuient les zones de conflit et de détresse économique de l'Afrique et du Moyen-Orient. Cet exode constitue, pour l'Europe, un drame humanitaire qui semble insolvable. De nombreuses régions frontalières se sentent littéralement abandonnées par Bruxelles, et  les camps de réfugiés se multiplient aussi vite que la montée des extrêmes nationalistes.

Depuis le début de cette crise migratoire, de plus en plus de migrants et réfugiés parviennent en Europe en traversant la Méditerranée, en raison d'un contrôle toujours plus grand des routes de migration terrestres par l’UE (Frontex). Ces traversées maritimes sur des embarcations de fortune surpeuplées sont bien souvent très périlleuses. On ne compte plus le nombre de morts noyés dans la mer Méditerranée. On ne compte plus le nombre de ces gens escroqués par des passeurs peu scrupuleux vantant les mérites du monde occidental et les faisant embarquer à bord de véritables poubelles flottantes. On ne compte plus le nombre de cadavres d'adultes, d'enfants, de tous ces passagers crédules et plein d'espoir qui cherchaient un monde meilleur, un ailleurs. La possibilité d'un avenir.

Les eaux internationales (Haute Mer) sont des zones maritimes qui ne sont sous l'autorité d'aucun Etat. La Haute Mer est généralement considérée comme un « bien public mondial » couvrant environ la moitié de la surface planétaire et 64 % des océans et la source de production de 50% de l'oxygène via le phytoplancton. Le principe de la liberté y prévaut : liberté de navigation, de survol, de pêche, de recherche scientifique, de poser des câbles et des pipelines, de construire des îles artificielles, dans le respect des conventions internationales en vigueur. L'appel de Paris pour la haute mer a été lancé afin qu'elle soit considérée comme « bien commun de l’humanité » et gérée comme tel, dans l’intérêt général. Les signataires estiment « que la Haute Mer n’est pas seulement l’affaire des spécialistes et professionnels, mais qu’elle est au cœur de la survie de l’humanité et concerne chacun d’entre nous. Avec gravité, confiance et détermination, nous pensons qu’elle est le lieu évident d’une coconstruction pacifique et exemplaire des États, qui doivent proposer aux générations futures une « économie bleue » innovante, basée sur le respect des écosystèmes et des droits humains. Refonder le rapport des hommes à la Haute Mer est essentiel pour contribuer au développement humain, ainsi qu’à la résilience de la planète et de son climat ». Toute demande de souveraineté par un État est-elle alors illégitime?

C'est d'une future mutation du statut juridique de la Haute Mer que naît notre prospection. Cette dernière n'est ni une utopie ni une dystopie, juste un possible, une réponse provisoire à une problématique qui à priori n'ira qu'en s'accroissant. Car oui, les eaux internationales sont des refuges. Elles peuvent être colonisées en réinvestissant des structures abandonnées (plateformes pétrolières, navires,…) qui seront déplacées, à l'initiative de l'ONU, dans des lieux à fort potentiel d'évolution. De nouveaux états sortiraient ainsi de mer, des états libres et construits sur la base de sociétés égalitaires et équitables, toutes conscientes des dérives de notre monde consumériste.

Status of Liberty a fait l'objet d'un travail collectif mené par
Philippe Paoli, Arnaud Duhayon, Mathieu Le Cosquer & Julien Ramet.
Il constitue une des réponses au concours EVOLO 2015.