Un verset mystique et sibyllin, gravé sur une planche de bois vétuste, précède l'installation et accueille le visiteur :

« Les ourses condamnées par Héra regardent se balancer le berceau d’acier.
Flottant au dessus des eaux de la noiraude, elles veillent les nouveaux nés.
Des Berces et des eaux, des Bears et des sceaux, resurgit un temps passé,
Celui de l’espoir et de l’innocence noyés sous les couches d’un horizon foncé. »

Intrigué par l’étrangeté de ce verset, le visiteur pénètre dans la Kapelart contenant à proprement dit La Madeleine de l’Ourse.

Posé sur un sol de charbon noir, une sorte de berceau construit en acier est rempli d’une eau noire. L’eau noire fait ici référence à l’appellation gauloise d’origine de la Deûle (dubla=noir) et à l’eau charbonneuse, suintant à l’intérieur des cheminées des usines du passé.

Plongée au milieu de l’eau noire du berceau, émerge un jeune plant de berce (heracleum sphondylium), symbole de renaissance, né d’Hera et d’Héraclès.

 

Après avoir condamné Callisto et Arcas à devenir respectivement, la Grande Ourse et la Petite Ourse, Héra leur imposa à ne jamais se reposer sous les eaux et à veiller constamment sur ses enfants.

Deux statuettes représentant des ourses veillent donc au dessus du berceau. Une au Nord, l’autre au Sud.

Au pied du berceau, se trouve une pédale qui permet d’actionner une batte. Cette dernière permet de frapper un médaillon relié à une tige métallique provoquant ainsi un lent balancement du berceau.

Certains historiens et linguistes pensent que le quartier de Berkem à la Madeleine tire son nom de l’anglais bear, (ours en français) et d’une contraction de qui aime devenu kem, soit littéralement l’ours qui aime. On y voit une référence direct à l’ours en peluche du nouveau-né, relique du culte de l’ours qui symbolisait jadis le Renouveau, la Renaissance.

La Madeleine de l'Ourse est une installation qui a été présentée
du 13 au 15 novembre 2015 dans la ville de la Madeleine
lors de l'événement Kapelart(s), organisé par l'association Berkem Label,
dans le cadre de Renaissance, manifestation de Lille 3000.

Cette installation a reçu l'aide précieuse de l'artiste forgeron Jean-Yves Wattelar
et a été mise en place dans l'une des trois Kapelarts conçues et réalisées par l'association Tangram.
Les deux autres Kapelarts étaient occupées par
les travaux d'Andy Kraft et les photographies d'Anne-Sophie Flouret.

photographies: Anne-Sophie Flouret, Gwenaëlle Watrelos