A la fin de la terre glane le rêveur, celui qui imagine, qui s'interroge et qui voyage.
Dans ses pensées, il revit des instants, réinvestit des espaces.
La ville engloutie surgit alors, colonisée par un monde moderne, dense et plastifié, numéroté et numérisé.

Chaque pays est alors suggéré par un container translucide et rempli d'eau.
Le volume d'eau contenu à l'intérieur de chaque container est calculé en fonction
du rapport entre le volume d'eau potable et le nombre d'habitants du pays représenté.
Au milieu d'un labyrinthe flottant de containers, la poussée d'Archimède
dévoile les noms des pays en sursis, les faisant flotter plus haut que les autres.

L'eau est le contenu et le paysage : elle détermine les frontières.
L'eau, limite géographique, devient limite politique, preuve de l'altération accélérée du monde.
Toutes les projections anticipant le devenir de notre monde, même les plus optimistes, le démontrent :
l'eau potable va devenir à moyen terme l'objet des convoitises les plus folles et les plus meurtrières.

Cette proposition n'est pas une utopie. Le paysage hybride qu'elle génère est un avertissement,
un potentiel de réflexions, un générateur de conscience.